marine russe

1850 - 1870

Nota : l'orthographe des mots russes écrits en lettres latines varie selon les époques et les pays. Nous nous efforçons de noter les noms anglicisés entre parenthèses.

 

 

 

 

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La Flotte de la Baltique en 1854

tiré du Moniteur de la Flotte

34 vaisseaux
de 120 — 2
de 112 — 2
de 84 — 9, dont 1 à hélice,
de 74 — 18
 5 frégates
De 58 – 1
De 44 – 1
10 bricks et corvettes
15 goélettes ou transports.
130 chaloupes canonnières dont:
                  50 anciennes
                      80 nouvelles.
10 frégates à vapeur
2 de 450 cv.et de 16 canons.
  1 de 400 cv et de 12 c
  2 de 400 cv et de 6 c
  3 de 300 cv et de 6 c
  2 de 200 cv et de 6
c
10 yachts.
3 frégates-école de tir, à fond plat.
1 bateau-poste en fer.

Bibliographie

- Revue Maritime et Coloniale de 1880
- All the world's Fifhting ships 1860-1905

-
 N. Monasterev et Serge Terestchenko - Histoire de la marine russe - Payot, 1932,

 

 

La Marine russe en 1849

d'après

Dussieux Louis- Force et faiblesse de la Russie au point de vue militaire – Tanera, Paris, 1854

 

"La marine russe, créée par Pierre le Grand, qui eut besoin de toute son énergie et de toute sa persévérance pour vaincre l'inaptitude de ses sujets, a été extrêmement développée par l'empereur actuel ; elle est peu estimée par les marins anglais et français. On sait quels obstacles on rencontre pour établir une statistique exacte sur un point quelconque de l'organisation de la Russie. Il nous serait donc très-difficile de préciser le chiffre de ses forces navales ; mais nous croyons que le tableau suivant donne l'état suffisamment approximatif de la marine russe :

 

La Russie n'ayant point ou presque point de marine marchande, les équipages de la marine militaire se recrutent principalement au moyen des serfs de la conscription, paysans, hommes de terre, n'ayant jamais vu la mer et exécrant, comme tout vrai Russe, le métier maritime. Les seuls bons matelots de la flotte viennent des marins de la Finlande (Suédois) et des Grecs de la Mer Noire. Les équipages russes manœuvrent mal ; les vaisseaux sont mal construits ; tous sont de modèles différents et de marche différente, façonnés avec des bois trop verts ou en bois de mélèze, etc. L'administration de la marine paraît être pleine de malversations. Comme on n'a pas encore vu les vaisseaux russes au feu, il est impossible d'avoir une opinion sur la valeur réelle de cette flotte qui compte des officiers évidemment intelligents et habiles."

 

 (1) Ces chiffres sont ceux de Haxthause.n, de Rudtorfer et du Journal de la Marine, 1849.

(2) Ces chiffres sont ceux donnés par les lettres des officiers de la flotte anglo-française bloquant le port de Sévastopol, et qui ont parfaitement vu cette flotte dans le port.

(3) Tous construits en Angleterre; ceux construits en Russie sont plus que médiocres.

(4) Quelques statistiques russes donnent 800 chaloupes canonnières.

LA FLOTTE RUSSE DE LA MER NOIRE EN 1853-54

(donnée sous toute réserve, tellement les sources divergent. D’autre part, une mauvaise traduction des noms russes, voire une francisation ou une traduction phonétique fantaisistes compliquent la tâche. Enfin, cette liste de la flotte de la mer Noire est à distinguer de celle des navires russes se trouvant dans le port de Sébastopol pendant le conflit. En vérité on sait peu de choses sur leur nombre et  leurs noms respectifs).

-  Etude de Claude Millé, tirée de l’ouvrage « Histoire de la dernière guerre de Russie 1853-1856 », par Léon Guérin, Historien de la Marine.1858 (d’après la correspondance du colonel du Génie Guérin)

LISTE DES VAISSEAUX DE LIGNE ET AUTRES BATIMENTS QUI, AU MOIS DE JUIN 1854, ETAIENT CENSES ETRE DANS LE PORT DE SEBASTOPOL

Vaisseaux de ligne

Le Grand Duc Constantin 3-ponts 120 canons
Les Douze Apôtres                          «
Les Trois Saints                              «
Le Paris                                           «
Le Varsovie                                     «
L’Impératrice Maria     84 canons
Le Chabroï                           «
Le Tchesmé                          «
Le Sviatoslav                        «
L’Yagoudiel ou Jehoudil         «
Le Varna                              «
Le Salafael                           «
L’Ouriel                                «
Un nom inconnu
Un autre nom inconnu*
Le Rostilav,de 84 canons, avait péri par suite de l’affaire de Sinope

Frégates à voiles

La Messembria        54 canons
La Sizopolis                     «
La Koulevcha                  «
La Médée                         «
La Kagoul                44 canons
La Flore                           «
La Kavarna                      «
Corvettes et bricks à voiles
L’Andromaque           20 canons
La Calypso                       «
La Pylade                         «
La Ptolemée                      «
La Néarque                       «
La Thésée                          «
L’Enée               20 canons
L’Adrienne               «
Le Mercure               «

Bâtiments à vapeur, à aubes

Le Vladimir               400 cv     6 canons
Le Gromonostz             «               «
La Bessarabie            250 cv          «
 La Crimée                     «           3 canons
L’Odessa                        «                  «
La Chersonèse               «                  «
Le Mogourski              150 cv            «
Le Maladetz                 120 cv            «
Le Boetz                       150 cv           «
Le Groznii                   120 cv            «
La Savernia-Souezda 120 cv             «
L’Argonaute                 44 cv             «
La Colchide                120 cv             «
L’Elborouz                 260 cv              «

 

NOTA  SUR  CETTE  DERNIERE  LISTE  DES  BATIMENTS  A  VAPEUR

Il existerait à la NewYork Library un ouvrage écrit par un officier de la Marine  impériale russe (date inconnue, auteur : F.F. Vesselago) intitulé « Répertoire de la marine russe jusqu’en 1860 », dont nous sont parvenues, recopiées par un certain « Commandant Baron Taubé », vers 1953, les listes des bâtiments à vapeur des différentes régions maritimes de la Russie(mer Caspienne, mer d’Aral, flottille dela Vistule, mer Noire, et sans doute autres lieux. Voici la liste de la mer Noire en 1855 . Mais elle aussi elle semble incomplète. Curieusement il manque le Vladimir,la Bessarabie,la Crimée, l’Odessa et le Chersonese…(communiqué  par  M. Marc Saibene)

Tourok 1853-1891 425t 200hp  Pris aux turcs, ex-Medjari Tedjaret, coulé Crimée 1855 (Sébastopol ) Relevé 1858

Argonaut 1851-1855  60 hp Brûlé à Berdiansk mer d’Azov 1855 après un combat à Kertch contre la canonnière anglaise Snake

Prout 1851-1868  310t  100 hp Rayé 1868
Dounaï 1851-1855  100 hp Danube Coulé Sébastopol 1855
Ordinaretz 1849  60 hp  ( ?)
Soulin 1849  94t 60hp  ( ?)
Taman  1849-1896  505t  180hp ( ?)
Elborous 1848-1858  764t  260hp  coulé Crimée 1855 (Sébastopol )  Relevé 1858  Devenu Kazbek
Berdiansk  1846-1855  180hp  Acheté en 1846 Brûlé par les russes à Kertch où il était en réparations1855 lors de l’opération franco-anglaise en mer d’Azov
Scromny  1843-1859  40hp  vendu pour démolition en 1859
Grozny  1843-1845  120hp  Coulé à Sébastopol en 1855
Molodetz  1840-1855  136hp  Provient de l’armée Brûlé à Berdiansk  1855 sans doute Maladetz
Boetz  1840-1855  136hp  Provient de l’armée  Brûlé à Berdiansk 1855
Mogoutchy  1840  136hp  Provient de l’armée  Sans doute le Mogourski ci-dessus Brûlé par les russes à Kertch  lors des opérations franco-anglaises en mer d’Azov
Meteor  1839-1859  60hp   1859 vendu
Inkerman  1838  90hp  ( ?)
Ouspechny  1837  20hp  ( ?)
Kolkhida  1837-1855  120hp  acheté 1837  Brûlé Berdiansk 1855  Colchide liste ci-dessus
Jazon  1836-1857  acheté 1836  Naufragé Abkhasie 1857
Piotr Veliky  1834-1857  100hp  1857 cédé au commerce
Severnaïa Zvesda  1835-1858  Etoile du Nord coulé Sébastopol, relevé 1858, vendu et démoli
Gromonosetz  1830-1842  100hp  Déclassé 1842 Devenu  dépôt-ship lors du siège de Sébastopol

 

NOTES  DIVERSES :

     1 – Dans son ouvrage de 1858 « Le Siège de Sébastopol », le général Niel écrit « flotte de la mer Noire enfermée à Sébastopol : 19 vaisseaux, 6 frégates à voiles, 5 corvettes et bricks à voiles, 7 bricks ou bâtiments de rang inférieur, 12 bateaux à vapeur de différentes grandeurs, 60 chaloupes canonnières »

     2 – Navires russes à la bataille de Sinope :

Vaisseaux : Veliky Knyas Konstantin, Tri Sviatitelia (Trois-Saints), Parizh, Imperatriiitsa Maria, Chesma, Rostislav
Frégates : Kulevtcha et Kagul
Vapeurs : Odessa , Krim (Crimée) et Khersones

     3 – vaisseau à voiles à deux ponts et 84 canons CHABROI : (parfois écrit Chabrié) Il s’agit du BRAVE, que l’on peut prononcer phonétiquement « Khrabrouii ».

     4 – Les auteurs russes N. Monasterev et Serge Terestchenko du livre en français « Histoire de la marine russe », Payot 1932, donnent « une liste de la flotte de la mer Noire (1840-1855 » que l’on peut considérer comme crédible, bien que, semble-t’il, incomplète :

Vaisseaux de 120 canons GRAND DUC CONSTANTIN,  PARIS et TRI SVIATITELIA.
Vaisseaux de 84 canons TCHESMA, ROSTILAV, IMPERATRICE MARIA
Vaisseaux SILISTRIA et ANDRINOPLE
Frégates de 54 ou 44 canons KULEVTCHA, KAGUL et FLORA
Frégates à vapeur et à roues VLADIMIR, BESSARABIA et KOLKHIDA
Vapeurs ODESSA, CRIMEE, et CHERSONES
Frégate à vapeur turque capturée PERVAR PYAKRI (écrite aussi PERVAS…)
Transport turc capturé MEDARI TIDHAREL

         5 – Quelques jours après la prise de l’ouvrage Malakoff par les français, les russes évacuèrent Sébastopol en faisant passer leurs troupes sur un pont de radeaux  large de 5m et long d’environ un km qui faisait communiquer le côté sud du port avec la rive nord de la rade (le côté nord n’avait pas été assiégé par les anglo-français, et permettait une communication avec le reste dela Criméepour les  russes). Les vapeurs, notamment le Vladimir, servirent à évacuer les derniers défenseurs après que le pont de radeaux eût été détruit,  l’évacuation terminée. Puis les vapeurs furent tous coulés à leur tour (12 septembre 1855). Il s’agit de : VLADIMIR, BESSARABIE, GROMONOSETZ, KHERSONES, ELBOROUZ, DANUBE, GROSNY et TUROC (le Turok, turc en russe, était le transport turc à vapeur Medjari Tedjaret.

      Le vapeur VLADIMIR, que certains appellent « frégate », parait avoir eu une part très active  dans toutes les opérations du siège  c’est lui, qui, avecla KHERSONEStente une sortie en mer lors du début du siège,puis il participe avec son artillerie à de nombreux tirs sur les assiégeants, il évacue enfin ls derniers russes vers la côte nord de la rade. Il sera renfloué lors des travaux de dégagement des épaves, par les russes, la guerre terminée. 

       6 – Il existe une liste de la flotte russe de la mer noire d’un certain  Anatole DEMIDOFF  riche russe vivant à Paris, « Voyage dansla RussieMéridionaleetla Criméeen 1837 » Cette liste est trop ancienne pour  avoir beaucoup d’interêt :

Vaisseaux : WARSAW 120 canons, SILISTRIA  90 canons, TCHESMA 90 canons,MARIA, ANAPA, PAMIK IFSTAPHI, MACHMOUT, CATHERINE, ANDRINOPLE, STALOUST, PIMEN.
Frégates BOURGAS 60 canons, ENOS  60 canons, VARNA 60 canons, ANNA 40 canons, BRAILOFF 40 canons, AGATHOPOL 60 canons, TENEDOS  60 canons.
Corvettes : SIZOPOLIS , IPHIGENIA, ORESTES.
Autres : MERCURY (brick), GANETZ, courrier et VESTAVOI (schooners), SPECHNI (cotre rapide), STRAIA (tender), GROMONOCETS (steamer Thunder-bearer du Prince Menzikoff)

      7 –Extrait du livre déjà cité de Léon Guérin :

« On avait fort exagéré l’importance de la flotte russe de la mer Noire, laquelle, disait-on, avant l’ouverture des hostilités, se composait dans le port de Sébastopol, de quinze vaisseaux de ligne à voiles, dont cinq de 120 canons chacun, et dix de 84 canons, ensemble 1.440 canons, de neuf corvettes et brigs présentant un total de 180 canons, de quatorze vapeurs à aubes, d’une force d’ensemble de 2.900 cv et de 51 canons, cela sans compter de plus petits bâtiments au nombre de 25, les canonnières des cosaques consacrées à la mer d’Azov, et quelques bâtiments en cours de construction à Nicolaief, entre autres un vaisseau de ligne à hélice de 120 canons.

Mais d’une part les vaisseaux russes étaient en général construits en sapin, n’ayant que leurs pièces principales en bois dur, et conséquemment de médiocre qualité sous tous les rapports ; et, d’autre part, le nombre de ces bâtiments était à dessein exagéré, quelques uns n’existant plus que de nom, et plusieurs parmi les plus considérables---comme le DOUZE APOTRES, le TCHESME, le SVIATOSLAV, l’IMPERATRICE MARIA---étant trop vieux, trop ruinés pour prendre le large. Les 7 premiers bâtiments coulés par ordre du prince MENSCHIKOF avaient été naturellement choisis parmi les plus incapables de servir à la mer, et de quelques uns des autres on avait jugé que l’on ne pouvait faire que des batteries flottantes.»

Par ailleurs un élément supplémentaire concourait au mauvais état de la flotte de la mer Noire. Des tarets particulièrement nombreux et actifs s’attaquaient aux carènes, qui n’étaient pas toujours doublées de cuivre, du moins pour les petites unités.

8 –IMPERATRICE MARIA. Ce vaisseau à deux-ponts qui était à Sinope et existait déjà en 1837 (liste Demidoff) fut touché le 5 septembre 1855 par une bombe tirée de la batterie française n° 27, il brûla et coula.  

9 – Vaisseau OURIEL. Il est fait état sur  un ouvrage français du vaisseau GABRIEL. Est-ce le même, avec une orthographe erronée ?

10 –On mentionne dans une description du port en ruines de Sébastopol, quelques jours après le 12 septembre 1855 deux épaves « VLADIMIR, très belle frégate, excellente comme marcheuse et comme artillerie, et l’ETOILE DU NORD,* charmante corvette, qui, en 1851, avait amené d’Odessa à Sébastopol l’empereur Nicolas et ses fils. »

Le récit continue "plus loin, le port où tous les bâtiments russes, coulés à fond, ne laissaient apercevoir que l’extrémité de leurs mâts. Le vaisseau LES DOUZE APOTRES seul avait un gaillard au dessus de l’eu, mais dans quel état ! "
*
ETOILE DU NORD, traduction de SEVERNAIA SVEZDA, parfois écrit SAVERNIA-SOUEZDA. 

 11 – Voici une liste trouvée dans un ouvrage français, fort sujette à caution à cause des erreurs que l’on peut y relever (beaucoup de livres furent écrits en France tout de suite après la guerre de Crimée, souvent par des officiers de l’armée de Terre. Leurs auteurs n’avaient qu’une vague notion de la marine et encore moins de la langue russe…Ils répétaient des noms propres mal traduits, déformés, pour ne pas dire « massacrés »)

«  Voici quel était avant l’invasion de la Criméepar les alliés, l’état de la flotte russe renfermée dans le port de Sébastopol :

 Vaisseaux de ligne DOUZE APOTRES, PARIS, TROIS SAINTS, GRAND DUC CONSTANTIN, WLADIMIR*  tous de 120 canons . SWIOTOSLAW, ROSTULAW, SELAPHOEL, TROIS HIERARCHIES,* (voir note 14) TRO SVIATITELIA (voir note 14), VARNA, GABRIEL ? IMPERATRICE MARIE, TCHESME, tous de 84 canons,
Frégates : GAGUL, KAVARNA, KOULEFGI, MEDEA, toutes de 60 canons
Corvettes et bricks : CALYPSO, THESEE, PYLADE, ENEE, PTOLEMEE, de 12 à 20 canons.
Petits vaisseaux : NEARCH, STREILLA, ORLANDA, DROLIK, ZABIACA, LAZTORGA, SMAGLALA,
11 transports et 64 chaloupes canonnières
Douze steamers, dont 6 grands et 6 petits ».

* Ce nom de WLADIMIR pour un vaisseau de 120 canons pourrait avoir été confondu avec le Varsovie, ou WARZAW ?

 12 – J’ai gardé pour la fin un article d’un journaliste français, Fulgence Gérard, paru vers 1858 dans le Monde Illustré. Celui-ci donne une liste à la fois tronquée et entachée de beaucoup d’erreurs, aux noms russes francisés avec beaucoup de fantaisie. De plus, selon lui, les russes à Sébastopol ont volontairement coulé leurs navires pour les protéger des ravages des bombardements, afin ensuite, la paix revenue, de les renflouer et de leur donner une seconde vie. Pour ce faire ils auraient démonté des pièces avant de les immerger, ils auraient protégé les machines des vapeurs en les enduisant de brai et de suif, etc…C’est une thèse séduisante mais cela ne résiste pas à un examen objectif :

             - Les vaisseaux et frégates à voiles étaient souvent en mauvais état, après la guerre ils étaient devenus obsolètes,  Sept d’entre eux furent coulés devant l’entrée de la rade pour la fermer. On en coula ensuite d’autres dans le même barrage après le grand ouragan  qui coula chez les français le Henri IV et le Pluton.

             - Beaucoup ensuite portèrent des canons pour appuyer les batteries  russes à terre, certains furent touchés dans les bombardements, lors de leur retraite, les russes coulèrent, sans doute à la hâte, le reste de la flotte.

             - Ils avaient vers la fin du siège, d’autres soucis que de perdre du temps et de la main-d’œuvre pour préparer leurs navires à une immersion volontaire.

Vers 1900 on construisit un monument dit « des navires coulés », colonne commémorative en souvenir de cette flotte sacrifiée ; cela ne confirme aucunement que les amiraux Nakhimov, Istomin et Kornilov, tués pendant le siège de Sébastopol, aient songé à ne couler leurs navires que pour les protéger, pour ensuite les renflouer.

Après le conflit, les russes dégagèrent la rade des épaves, le Vladimir fut renfloué et réutilisé, comme le Turok, On releva aussi les vapeurs  Bessarabie, Gromonosetz, Khersones, Danube, Grozny, Elborouz., ainsi que toutes les épaves des vaisseaux à voiles qui encombraient le port et la rade. Mais rien ne prouve que de petits vapeurs à roues datant pour la plupart d’avant 1850 et des vaisseaux à voiles largement obsolètes aient été utilisés à nouveau. Voici la liste de Fulgence Gérard :

« GRAND DUC CONSTANTIN , VILLE DE PARIS,(sic) TRI  SVIATITELIA, BRAVE, IMPERATRICE MARIA, CHESME, YAGONDEID, KAVARNA, KONLEPHY, VLADIMIR, THUNDERER(re-sic), BESSARABIA, DANUBE, ODESSA, ELBROSE, KREIN, DOUZE APOTRES. ».

On remarquera la curieuse orthographe du PARIS, ELBROSE et KREIN ; plus encore ce nom anglais de THUNDERER (peut être le GROMONOSETZ, appelé par Demidoff « steamer »thunder-bearer ») 

13 -  nom YAGONDEID, ou  YAGOUDIEL, JEHOUDIL ou IEHOUDIL : traduction très approximative d’un nom russe non déterminé. Il est question du dernier nom dans un ouvrage expliquant les grands travaux destinés à renforcer la capacité défensive de Sébastopol, réalisés par le colonel russe du Génie TODLEBEN, âme de la défense de la ville :

« …l’espace entre les bastions était ouvert, dans le même temps, par des batteries nouvellement élevées qui se rattachaient les unes aux autres au moyen de tranchées. On posta le vaisseau IEHOUDIL de manière que son artillerie pût enfiler deux principales branches du Grand Ravin, c'est-à-dire le ravin Laboratornaja et celui de Sarandanakina, qui descendent vers le fond du port militaire. »

 

14 – TRI SVIATITELIA.

Voici ce qu’écrit M. Marc Saibene, sur ce nom :

« ….pour ce qui est de la traduction du nom de Tri Sviatitelia, les meilleurs spécialistes de la marine russe sont encore partagés à ce sujet. Toutefois, M. Alexandre Protto, reconnu en France comme historien de la marine russe (c’est un des très rares chercheurs travaillant sur les documents russes au Service Historique dela Marineà Vincennes), nous en donne une version qui me paraît définitive :

« Les Trois Pontifes » quelquefois traduit par « Les trois Hièrarques ». Sous cette dernière dénomination sont habituellement désignés les trois saints grecs, Docteurs de l’Eglise, Jean Chrysostome, Basile le Grand et Grégoire le Théologien. Toutefois, comme dans l’escadre de l’amiral Spiridov (1770) on trouve le vaisseau Tri Sviatitelia mais aussi un vaisseau nommé Triokh Iérarkhov (Trois Hiérarques, terme d’origine grecque), il semble peu probable que ces deux bâtiments aient été nommés d’après les mêmes saints. On peut en conclure que le terme russe « sviatitéli » désignait initialement les trois grands evêques de Moscou, Pierre (1326), Alexis (1378) et Iona (1461)».

La confusion en 1855 devait être bien grande chez les français, pour ces noms russes, puisque sur la liste du Nota 11 on trouve simultanément trois fois le nom de Tri Sviatitelia : « Trois Saints », « Trois Hiérarchies » (pour « Trois Hiérarques »….) et Tro (sic) Sviatitelia.

      Claude Millé                     

 

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